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Mai frais et venteux, met le paysan de méchante humeur

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Semaine 21 - Un pic de croissance qui se fait toujours attendre. Suite aux conditions météorologiques de la semaine dernière marquées par le vent du nord, l’horizon d’une croissance en hausse s’estompe.

Mais cela pourrait fortement changer cette semaine avec le retour de conditions météo plutôt orageuses, avec surtout de la température la nuit.

Une croissance qui se stabilise depuis 15 jours

Après les 55 kg  au cours de la semaine 19, la pousse moyenne régionale a atteint les 51 kg de MS/ha/jour la semaine dernière. Elle s’établissait à 44 kg en moyenne pour le département de l’Orne pour cette semaine 20, soit le niveau relevé au printemps 2010, 2011 et 2014.

La chasse aux épis RESTE OUVERTE…

Comme le précisait Matthieu à Coulmer dans l’Orne lors de sa rencontre pour son témoignage joint, "la croissance est fortement biaisée en ce moment, et tout particulièrement dans nos prairies permanentes avec la montée rapide des épis de nombreuses graminées".

Ceci se traduit alors par le développement de zones de refus. Pour limiter ces derniers, la technique la moins onéreuse consiste à faire pâturer au fil ces parcelles épiées, en acceptant une baisse éventuelle de la production de vos animaux.

… avec de la mécanique ?

Deux méthodes possibles pour aider vos animaux.

  • La première, la méthode du "fauche-broute", ou topping pour certains d’entre vous, on fauche idéalement par temps sec la veille du passage des animaux, un volume d’herbe nécessaire pour au moins une journée de pâture, soit 1 are par vache laitière si 100 % de pâture.
  • La seconde, la méthode du "broute-fauche", au contraire de la précédente, la fauche des refus est réalisée à la sortie des animaux. Ces refus laissés au sol une journée, également, idéalement ensoleillée seront consommés par le retour des animaux une nuit.

Ne pas pâturer trop ras pour gérer un faible stock d’herbe d’avance

Hormis les systèmes herbagers avec plus de 30 ares par vache laitière ou par UGB allaitant, le nombre de jours d’avance reste souvent inférieur à 10 jours.

Avec un tel nombre de jours d’avance en cette période de l’année, on pourrait être tenté à aller chercher de l’herbe à pâturer en rasant plus les prairies. Attention, cette stratégie est l’une des plus mauvaises options. En baissant la hauteur sortie de vos parcelles, vous hypothéquez d’abord la reprise de la croissance de l’herbe avec le retour de conditions météorologiques plus favorables.

Ensuite, avec une prairie plus rase et donc plus ouverte, 2 soucis à gérer : un asséchement potentiellement accentué de vos sols, et surtout un salissement de vos parcelles plus rapide avec le développement de vivaces.

Avec peu de jours d’avance, l’option la plus sage reste le retour plus conséquent de fourrages distribués avec ou sans concentrés pour vos vaches laitières.

Témoignage

Coulmer (61)

Le silo est fermé depuis 15 jours, mais cela se complique pour cette fin mai !

"Ce printemps 2019 a pourtant bien débuté avec une mise à l’herbe dès le 9 mars soit un mois plus tôt que l’année précédente. A la différence du printemps 2018, qui s’était illustré par de gros soucis de portance lié à l’excès d’eau, j’ai pu réaliser des pâturages de qualité cette année avec des objectifs de hauteur sortie de parcelles inférieurs à 6 cm.

Malgré un nombre de jours d’avance de pâture de 8 jours début mai, j’ai fait le pari de fermer mon silo le 7 mai. De toute manière, je souhaitais disposer d’un stock de report de maïs ensilage. Pour compléter ce report, j’ai ensilé une jeune prairie envahie de vulpin et une prairie cassée pour du maïs. Pour éviter d’ouvrir ce silo de report trop tôt, j’ai enrubanné quelques prairies le long d’une rivière afin de disposer d’un complément à distribuer si la pousse ne décollait pas. Du côté de la production des vaches avec 20 litres, 43,8 de TB et 34,9 de TP, je suis rassuré…l’herbe est maigre, mais cela va bien venir !".

 

Thierry JEULIN, Chambre d’agriculture de Normandie