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Après la Saint Jean, pas de pitié pour les chardons !

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Les conditions météorologiques de la semaine dernière ont été de nouveau favorables au maintien de la pousse d’herbe.

L’annonce de fortes chaleurs pour cette semaine va ralentir significativement cette croissance. Mais à la différence de l’année précédente, le stock d’herbe disponible est plus conséquent pour débuter cette période estivale 2019, et tout particulièrement en système herbager avec plus de 35 ares par vache ou par UGB.

Stabilité de la croissance depuis 15 jours

Avec un niveau de pousse régionale à 60 kg de MS/ha/jour du 14 au 21 juin, la croissance se maintient depuis 2 semaines.

Le ralentissement de la pousse n’est pas à l’ordre du jour, mais se rapproche avec cette semaine caniculaire surtout pour le sud de notre région.

Eliminez les chardons avant leur floraison

Pour lutter contre les chardons, il est nécessaire d’en distinguer 2 types : le chardon à rhizomes (ou le cirse des champs), et le chardon vulgaire (ou le cirse vulgaire).

Le chardon à rhizomes est le plus délicat à éliminer. Il est important de ne pas intervenir trop tôt dans la saison, c’est-à-dire au stade rosette, pour éviter de réveiller les boutons dormants. Il est plus judicieux d’attendre que la tige monte. A ce stade, le chardon a moins de réserves, et il est donc plus sensible.

Quant au chardon vulgaire, souvent isolé dans vos prairies, il est plus facile à détruire notamment du fait de l’absence de rhizomes. Il ne peut se propager que par graines.

Pour ces 2 types de chardons, la fauche avant le stade floraison est la technique la plus appropriée. Si un seul passage est souvent suffisant pour le chardon vulgaire, 2 seront nécessaires pour le chardon à rhizomes, une première fauche deuxième quinzaine de juin, et une seconde fin d’été selon les conditions météorologiques de l’été.

Avec la hausse des températures, attention au stress thermique de vos animaux

Le stress thermique, exprimé en ITH pour Indice Température Humidité, se mesure à partir de 2 variables : la T°C et l’humidité. Quand on passe le seuil de 68 d’ITH, la vache laitière commence à ressentir du stress thermique. Avec des températures de 30°C comme annoncées pour cette fin de semaine, quel que soit l’humidité, ce seuil de 68 d’ITH sera vite dépassé.

Pour pallier aux conséquences d’un tel stress thermique chez des vaches laitières, en système 100 % pâture, valorisez en priorité vos parcelles ombragées. Avec un complément de ration distribuée au pâturage, préférez une distribution plutôt le soir après la traite.

Une vigilance toute particulière sera à apporter aux points d’abreuvement. En période estivale, pour se rafraichir une vache laitière aura tendance à boire 2 fois plus. Assurez- vous donc du bon fonctionnement de l’ensemble des points d’eau : distribution d’une eau fraîche, débit suffisant et capacité. A titre indicatif, on considère que 10% d’un troupeau de vaches laitières devrait pouvoir s’abreuver simultanément !

Témoignage

SCEA Dollion aux Aspres (61)

Un décalage de pousse bénéfique pour les stocks

"La mise à l’herbe 2019 a été plus précoce d’une dizaine de jours par rapport à l’année précédente. Avec une pousse plus stable pour ce début de campagne, cela a été plus facile à gérer que fin avril 2018. La période la plus stressante pour ce printemps 2019  a été pour nous la mi- mai avec le retour d’une période froide, qui s’est traduit par une croissance d’herbe plus faible.

Mais depuis un mois avec le retour d’un temps chaud et suite à un second passage d’azote à raison de 35 unités d’azote sur une partie des parcelles fauchées début mai, qui reviennent dans le bloc de pâture pour ce début d’été, l’herbe ne manque pas. Nous avons fauché cette année moins de surface, mais nous récoltons plus de volume. Du côté des stocks, nous sommes plus sereins d’autant que nous allons réaliser des secondes coupes ce qui est rare chez nous. Ce décalage d’un mois de la pousse cette année nous permet d’appréhender au mieux la période estivale."

Thierry JEULIN, Chambre d’agriculture de Normandie