Vous êtes ici : Accueil > Environnement > Qualité de l'air : tous concernés > Quels leviers pour l’épandage des effluents d’élevage ?

Quels leviers pour l’épandage des effluents d’élevage ?

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Comme de nombreux autres secteurs, l’activité agricole est source d’émissions de composants variés. Les particules fines, les oxydes d’azote ou l’ammoniac peuvent avoir un impact sanitaire et/ou environnemental non négligeable.

L’ammoniac est un polluant atmosphérique néfaste pour la santé humaine et l’environnement. Il provient essentiellement des rejets organiques de l’élevage et peut également avoir pour source la transformation d’engrais azotés épandus sur les cultures.

Sous forme gazeuse, il est également émis par l’industrie lors de la fabrication des engrais minéraux. Nous nous intéressons ici à l’épandage des effluents d’élevage et aux leviers pour limiter l’impact sur la qualité de l’air.

En Normandie, on attribue au secteur agricole 98 % de ces émissions en 2014 (Atmo Normandie) et l’élevage en représente près de 42 % au travers des postes bâtiments, stockage et épandage des déjections.
L’ammoniac, en plus d’être un gaz irritant pour le système respiratoire, la peau et les yeux, génère des particules en cause lors des pics de pollution printaniers. 
Lors des épandages, plus les effluents restent au contact de l’air libre ou plus la surface exposée est importante plus les émissions d’ammoniac augmentent. Par exemple, un lisier laissé à la surface du sol perd en moyenne 50 % de son azote ammoniacal par volatilisation (Atmo Normandie).

Les bonnes pratiques d’épandage

Pour limiter ces pertes d’azote par volatilisation il existe des leviers techniques. Bien choisir sa technique d’épandage en est un. 

  • L’utilisation de pendillards.

Elle permet une réduction des émissions de 30 à 50 % en moyenne (UNECE).

  • L’enfouissement des effluents.

Plus le délai entre l’épandage et l’enfouissement est court, plus les réductions d’émission sont fortes.
L’enfouissement dans les 12 h des lisiers et fumiers permet de réduire les émissions de 35 à 50 % en moyenne selon le type d’effluent et le matériel utilisé (ADEME).

  • L’injection des lisiers

Le potentiel de réduction des émissions est compris entre 70 à 85 % (UNECE).

La possibilité d’utilisation de ces équipements et les potentiels de réduction dépendent de nombreux facteurs comme le couvert végétal, la composition de l’effluent (notamment sa teneur en matière sèche ou sa viscosité), la topographie ou la profondeur et la structure des sols. 
La disponibilité de main d’œuvre ou de matériel sur les exploitations est également un facteur important. En effet, l’utilisation de ces techniques peut augmenter le temps de travail ou nécessiter des engins puissants. Par ailleurs, un enfouissement rapide peut nécessiter l’intervention d’une seconde personne.


> Comparatif entre les différents types de matériels (Source : Chambre régionale d’agriculture de Normandie)

Des matériels performants qui présentent de nombreux bénéfices pour les exploitants

  • En réduisant la volatilisation d’azote, ils permettent d’augmenter la valeur fertilisante des effluents et potentiellement de réduire la consommation d’engrais minéraux. 
  • Pour les exploitations relevant de la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), ces techniques font partie des meilleures techniques disponibles ou MTD. 
  • L’incorporation ou l’enfouissement permettent de gagner des surfaces épandables en réduisant les distances d’épandage par rapport aux habitations jusqu’à 50, voire 15 mètres.
  • Enfin, les épandages ainsi réalisés génèrent moins d’odeurs et facilitent les relations de voisinage.

Le frein majeur au développement de ces techniques reste leur prix bien supérieur à un équipement classique. Un investissement auquel on peut réfléchir en cas de renouvellement de matériel dans le cadre des CUMA, plutôt qu’en individuel. Il est également possible de faire appel à une entreprise de travaux agricoles.

La Région Normandie, dans le cadre de sa politique agricole, propose une aide financière à l’acquisition de ces types de matériels.
Le taux de base d'aide publique est de 25%, pouvant être majoré de 15% pour les Jeunes Agriculteurs et de 15% dans le cadre de la majoration agro-écologique.  

Le dispositif « Investissements dans les exploitations agricoles pour une agriculture normande performante » est accessible toute l’année par le biais d’appels à projets.

Tous les renseignements et les formulaires https://aides.normandie.fr/investissements-agricoles-pour-une-agriculture-normande-performante
ou auprès de votre DDT : 
ddtm-sa@remove-this.calvados.gouv.fr  | 02 31 43 15 25
ddtm-seatr-mdr@remove-this.eure.gouv.fr  | 02 32 29 60 90
ddtm-seat-dir@remove-this.manche.gouv.fr | 02 33 77 52 50
ddt-set@remove-this.orne.gouv.fr  | 02 33 32 50 47
ddtm-sea@seine-maritime.gouv.fr  | 02 32 18 94 68


Votre Chambre d’agriculture est également à vos côtés pour vous présenter le dispositif et vous aider le cas échéant à monter votre dossier de demande d’aide.

Enfin, rappelons que même si l’on ne dispose pas de ces matériels performants, on peut agir pour la réduction des émissions d’ammoniac en évitant d’épandre par temps chaud et sec ou par période de vent fort. 

Contact

Besoin d'informations ?
Un conseil personnalisé ?

Publications