Capteurs sur les ensileuses

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NIR

Connaitre instantanément la matière sèche du fourrage ensilé, le rendement des parcelles, voir des critères plus avancés d’analyse des fourrages est aujourd’hui possible avec les analyseurs "proche infrarouge" montés sur les ensileuses.

Communément appelé "NIR" (Near infrared, soit "proche infrarouge" en français) mais aussi "SPIR" (Spectre proche infrarouge), la méthode de mesure est basée sur le fait que chacun des composants biochimiques du fourrage qui passe dans la goulotte à une capacité d’absorption spécifique du rayonnement lumineux dans le "proche infrarouge" (non visible pour l’œil). Grâce à une comparaison avec des bases de références et des équations propres aux différents fourrages (maïs, herbe, luzerne…), l’analyseur fourni instantanément les principales caractéristiques du fourrage récolté.

Des analyses mais pas que !

Les premiers NIR sont apparus sur les ensileuses John Deere depuis une douzaine d’année, d’abord pour l’analyse de matière sèche (MS), puis plus récemment pour d’autres valeurs : amidon, protéines brutes, fibres (ADF et NDF), cendres et matières grasses. Claas, Krone et New-Holland proposent également cette option, mais avec une expérience plus récente et parfois un niveau d’analyse plus basique.

L’analyse instantanée de la matière sèche permet de programmer un ajustement automatique de la longueur de coupe: Le chauffeur peut fixer les valeurs en fonction des conditions de chantier et des exigences de l’éleveur. C’est un avantage indéniable pour la qualité du hachage et le tassement des silos. Le NIR est également couplé à un capteur sur les rouleaux d’alimentation qui permet de mesurer le rendement (brut, MS, instantané, parcelle, chantier…).

Etalonnage pour être précis

La fiabilité des mesures est associée à un travail préalable et régulier avec les laboratoires d’analyses. A la base, l’équipement est étalonné par le constructeur sur des banques de données fourrages. C’est généralement fiable pour le maïs ensilage, un peu plus complexe pour l’herbe et certainement plus délicat pour les prairies multi-espèces. Des réétalonnages peuvent être programmés par les constructeurs dans le cadre du SAV.

Les organismes de contrôle laitier (Littoral Normand, Elvup) utilisent le même type d’équipement en portatif. Olivier Raux, nutritionniste à Elvup et responsable de ces équipements, réalise un étalonnage toutes les 6 semaines, avec 7 à 10 échantillons "témoin" : "Nous utilisons le NIR toute l’année et sur différents types de fourrages ; il peut y avoir des dérives y compris pour la MS. Pour les matériels montés sur les ensileuses, un étalonnage annuel me semble indispensable pour le maïs ; pour l’herbe, il peut être nécessaire de multiplier les interventions car la période de récolte est étalée sur l’année."

 

En ce qui concerne le rendement, l’étalonnage se fait sur la campagne d’ensilage en pesant quelques remorques au fur et à mesure de l’avancement de la saison. Pour que les résultats soient fiables, il est nécessaire que l’ensileuse soit bien alimentée : les chauffeurs signalent les limites des capteurs avec des faibles rendements.

 

Christian SAVARY - Pour le réseau des Chambres d’agriculture de Normandie

Article réalisé avec la participation financière du CasDAR (Compte d’affectation spécial du Développement agricole et rural)

Vu sur le terrain

Au cours de la campagne d’ensilage de maïs 2017, 3 entreprises de travaux agricoles ont accepté de donner leur avis sur leur équipement.

Patrice Gauquelin pionnier avec John Deere

Equipé du NIR (Harvestlab) depuis plus de 10 ans sur 4 ensileuses John Deere, Patrice Gauquelin, entrepreneur à Briouze avec Jean-Christophe La Haie, a fait le pari d’apporter un service supplémentaire à ses clients : "Tous les clients en  bénéficient pour l’ensilage de maïs : il n’y a pas eu le choix ! Nous sommes un peu plus chers, mais nous n’avons pas perdu de clients et avons récupéré des exploitations pointues qui veulent plus d’infos !

Les chauffeurs ont été formés et l’utilisation en cabine est facile. Par exemple, pour l’ajustement de la  longueur de coupe selon le taux de MS (Système Autoloc), on rentre les valeurs voulues pour chaque taux  et si le client souhaite conserver la même longueur, on désactive. On peut aussi modifier en instantané, si le travail n’est pas correct. Au départ, on s’est basé sur les données fournies par John-Deere, qui a réalisé des tests de granulométrie et sur les informations du Contrôle Laitier.
Pour les sorties remises aux clients, c’est plus compliqué, car il y a de nombreuses possibilités. Nous utilisons ce qui est essentiel : Rendement, MS au niveau de chaque parcelle (cartographie) et pour les machines plus récentes "ADF, NDF, amidon, protéines". Le rapport, envoyé avec la facture, tient sur un "4 pages" que nous stockons et éditons via la base  "MyJohnDeere". On a les mêmes configurations d’écran sur les 4 machines et nous avons imposé des règles d’entrée des données aux chauffeurs pour éviter les erreurs !

Notre rôle est de collecter des informations utiles pour le client. C’est ensuite à lui d’exploiter seul ou avec l’appui d’un conseiller spécialisé (Contrôleur laitier, nutritionniste, agronome ….) les résultats sur les valeurs alimentaires et sur les cartes de rendement.
Outre le calibrage par pesée du capteur de rendement, la cellule (lentille)  du NIR est nettoyée de temps en temps, quand le message d’alerte s’affiche : Il y a un équipement de nettoyage spécifique et propre à chaque machine.  Sinon, pas de recalibrage de l’Harvestlab à notre niveau : c’est du ressort du constructeur. Le système est fiable et il nous arrive de récolter pour des semenciers. Le risque est plutôt au niveau du traitement des données (MyJohnDeere) : un bug peut faire disparaitre les données d’un client ; c’est rare mais c’est arrivé en 2016 ! Une limite malgré tout, l’ensilage d’herbe avec la présence de pierres qui peut rayer la cellule, donc pas de mesure dans ces conditions.

François Foucault, agriculteur à Briouze était un peu sceptique au début : "on n’a du mal à s’en passer maintenant.  Les analyse sont  fiables (Différence MS inférieure à 1 point en comparaison des analyses faites par AGRIAL) et le tonnage est cohérent avec celui distribué par la mélangeuse. Le contrôleur laitier  valorise les résultats, notamment sur l’amidon.  En exploitant les informations, on est plus pointu  et on a une meilleure connaissance du potentiel des parcelles (historique des rendements).  Je teste des variétés moins chères et je constate qu’il y en a qui marchent très bien dans certaines parcelles."

Jean Marie Dubois : surtout pour la MS

Pour Jean-Marie Dubois, entrepreneur et éleveur à la Croix Avranchin, le choix d’équiper la nouvelle ensileuse Claas 960 du "NIR" et du "Quantimètre", s’est fait en parallèle de l’essai du nouvel éclateur Schredlage en 2016.
"Satisfait du maïs "Schredlag" pour mes vaches laitières, je voulais que la machine soit équipée de l’analyse instantanée du taux de MS pour ajuster automatiquement la longueur de coupe dans les 3 tranches que nous avons prédéfinies selon le taux de MS du maïs. L’analyse de MS est fiable et l’ajustement automatique de la longueur de coupe fonctionne bien. Cette option associée à la régulation automatique de la vitesse d’avancement, apporte du confort de conduite et contribue à la qualité de l’ensilage (longueur de coupe, charge moteur, fonctionnement de l’éclateur…). Avec le maïs vert, il est nécessaire de nettoyer la mire (ou lentille) qui s’encrasse plus rapidement en début de saison (silos d’appoints)."

Samuel Renard, chauffeur à l’ETA Dubois : "Dans les maïs normaux, nous pesons quelques remorques pour calibrer le Quantimètre (capteur de rendement en lien avec l’écartement des rouleaux). Le dispositif n’est pas fiable dans les petits maïs et ne fonctionne pas dans le maïs épis (pas assez d’alimentation). Il faudra voir à l’herbe ! Pour l’instant nous n’avons pas exploité les données enregistrées : il faut le logiciel Claas ou passer via la base de données "Télématics" du constructeur. On donne les taux de MS des parcelles aux clients à la fin du chantier".

Bertrand Joubin séduit par la New Holland de démonstration

Après avoir essayé l’ensileuse de démonstration New Holland Forage Cruiser 650 en 2016, l’ETA du hameau Bouvet, à ST Roch sur Egrennes, a décidé d’investir pour la campagne 2017. La machine est équipée du NIR (ActiveLOC) pour l’analyse de MS, de l’ajustement automatique de la longueur de coupe et du capteur de rendement sur les rouleaux d’alimentation (HydroLOC).

"Les informations  sur le rendement des parcelles et la maturité des maïs sont intéressantes pour  les clients et le chauffeur : cela permet de relativiser sur la vitesse d’avancement selon le rendement du maïs (4 à 8 km/h, 40 à plus de 70 t de matière verte à l’hectare avec des rendements dépassant 20 t de MS/ha en 2017). On récupère les informations sur clé USB : toutes les données peuvent être traitées à condition de disposer d’un logiciel spécifique. Cette année, le chauffeur a sorti le bon de travail du chantier et pour chaque parcelle il a indiqué la surface, le rendement brut ou sec/ha, le taux moyen de MS. C’est rapide et les clients apprécient de disposer en fin de journée, des quantités ensilées et de connaitre le rendement dans chaque parcelle : Plusieurs clients vont comparer avec la pesée de leur mélangeuse et faire des analyses, mais je suis confiant car la donnée moyenne du taux de MS de la parcelle (des centaines de mesures) est aussi fiable que celle faite à partir d’un seul échantillon pas toujours très représentatif ! Pour la fiabilité des mesures de rendement, un calibrage a été refait au 1/3 de la saison, en pesant 4 remorques dans 4 parcelles différentes et en complétant par une analyse de MS."

Malgré l’apport d’informations complémentaires, Bernard Joubin a fait le choix de ne pas répercuter le surcoût de l’investissement pour rester dans les coûts moyens pratiqués localement.

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