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Silo de maïs

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Une fois le silo réalisé, la qualité de la conservation va influer la qualité de production de lait ou de viande. Avec les études récentes, les repères sur la conduite du silo ont évolué.

Les pertes de matière sèche (MS) sont de 2 ordres : les fermentations qui utilisent les sucres et produisent du gaz carbonique et l’altération visible du fourrage qui le rend inconsommable.

Perte de matière sèche : 5 à 15 % mesurées dans les silos normands

Pas facile d’estimer la perte au silo ! Cela suppose de peser ce qui est récolté et stocké et ce qui est réellement distribué aux animaux ou trié. Il existe des pertes incompressibles qui sont de l’ordre de 3-5 % dues aux pertes de respiration de la plante et aux gaz produits par la première fermentation, le temps de consommer l’oxygène présent dans le silo. Au-delà, les pertes dues à une mauvaise conservation qui entraîne de nouveaux échauffements voire un tri au silo sont rarement évaluées.

Ces pertes, difficile à estimer en élevage, sont calculées dans les stations expérimentales normandes (INRA Le Pin au Haras, ferme expérimentale de La Blanche Maison) qui pèsent tout ce qui est stocké au moment de la récolte et tout ce qui est distribué. Cinq bilans de silos réalisés sont présentés dans le tableau 1.

Les pertes s’étalent de 5 à 15 %. Si le minimum de 5 % est donc réalisable, 8 % est un objectif réaliste et atteignable en élevage. Ces données sont confirmées par des données allemandes sur 18 silos et qui indiquent en moyenne à 10 % de perte. La densité du silo est un facteur clé, avec un objectif à + de 700kg brut/m3.

5 % de pertes au-delà de la partie inévitable, c’est l’équivalent d’1 ha pour un élevage moyen du Calvados qui sème 20 ha, soit un coût engagé de l’ordre de 600 € (opérationnelles et récolte).

Le coût de la perte doit aussi prendre en compte le manque à gagner d’une culture de vente de l’ordre de 800 € de marge brute sur cet hectare perdu. En y ajoutant les conséquences liées à une mauvaise conservation (tri au silo, limitation de l’ingestion, risque butyriques), le montant atteint  2 000 € minimum par tranche de 5 % de pertes. Sachant que la réalité montre des cas à 20 % de pertes…

Tableau 1 - Bilan 5 silos de maïs en Normandie

 Silo 1Silo 2Silo 3Silo 4Silo 5
Durée utilisation j100 j41 j120 j39 j148 j
Taux de perte5 %7 %15 %13 %16 %

Après ouverture, préserver la qualité malgré l’air

Si la base d’une bonne conservation est de priver d’air l’intérieur du silo à la confection (phase anaérobie), il est inévitable d’exposer le front attaque à l’air libre lors de la reprise. Dommage de gâcher tous les efforts faits avant ! Or les pertes liées à la reprise du fourrage au silo sont aussi importantes que la confection du silo en elle-même.

A contact de l’air, les microorganismes se réveillent et se multiplient en se nourrissant des nutriments du maïs.

Les levures commencent par consommer des sucres, augmentant la température et le pH. Phénomène amplifié ensuite par des bactéries puis des moisissures qui apparaissent, produisant les mycotoxines.

Les entrées d’air dans le silo après l’ouverture se font préférentiellement dans les zones périphériques. Elles ont été mesurées jusqu’à 4 m ! La couverture idéale du silo vise à répartir le poids uniformément sur toute la surface. Ce qui n’est pas le cas par exemple avec l’utilisation des pneus, plusieurs études l’ont démontré. Couvrir lourdement le front d’attaque reste possible avec par exemple 2 rangées de boudins et notamment les coins.

Et dans un silo, moins il est dense, plus il est poreux, plus l’air pénètre.

L’oeil nu n’est pas performant pour identifier les pertes

Les pertes de MS sont invisibles à l’oeil nu. Celles qui sont visibles sont alors très dégradées avec des pH à plus de 6 et une température élevée. Très chargées en butyriques et en mycotoxines notamment, elles sont
inconsommables.

Le pH normal d’une bonne conservation est inférieur à 4. Une prise de pH sur le pourtour du silo permet d’identifier l’épaisseur de la couche avec fermentations. La température peut aussi être mesurée, idéalement après reprise du front d’attaque à 20 cm de profondeur en plusieurs points, comparée une mesure témoin silo à 40 cm. Objectif moins de 2°C d’écart.

Une caméra ou un appareil photo infrarouge permet aussi de repérer les zones les plus chaudes (avec les précautions d’interprétation).

L’analyse des levures est un bon indicateur, avec des pertes de lait audelà de 10 000 unités formant colonie (CFU)/gramme de fourrage. A 100 000 CFU /g de fourrage, les pertes de MS peuvent atteindre 15 % et commencent à être visibles à l’oeil nu.

La vitesse d’avancement, point clé de la qualité après l’ouverture

Après l’ouverture, le maïs est exposé à l’air. Alors que toute la prévention visait à chasser l’air du silo ! Deux facteurs contribuent alors à la dégradation de la qualité : la température ambiante et
la durée d’exposition à l’air. Après la densité, la vitesse d’avancement est alors le principal facteur de prévention, à moduler selon la saison.

Part du front d’attaque visiblement dégradé selon la vitesse d’avancement (Borreani 2012)

A partir de différentes études, les repères d’avancement sont au minimum : 1m/semaine en hiver, 1,5m à 2m en été.

Si la densité du silo n’est pas assurée à plus de 700 kg/m3, augmenter la vitesse si possible. Ce qui induit souvent la question d’un silo de dimension adapté pour l’été. Si la densité a été travaillée ces dernières années, la question de l’avancement est aussi importante dans l’explication des pertes de MS. Et si un inoculant type Buchneri retarde l’effet reprise de fermentations, il ne l’élimine pas en cas de vitesse d’avancement insuffisante. Et notons que cette bactérie agit lentement dans le silo, son effet sera effectif seulement 60 j après la fermeture du silo.

Le type de matériel influence aussi l’échauffement

Il importe donc d’éviter tout échauffement dans le silo, ce qui est possible en utilisant le matériel de désilage adapté. Objectif : que le front d’attaque reste net, lisse et dense en évitant d’ébranler le maïs grâce à une coupe propre :

- favorables : Les chargeurs et les fourches frontales provoquent un détassement du front d’attaque.

+ favorables : La fraise d’une désileuse automotrice est bien adaptée.

Autres possibilités sur le marché

Godet désileur Emily

Bien que le volume soit limité et que la proximité des silos soit obligatoire, le recours à un godet désileur équipé d’une fraise est également intéressant. Le constructeur breton Emily propose d’ailleurs un nouveau modèle de godet désileur avec non pas un rotor mais des scies, assurant possiblement la meilleure reprise qui soit proposée sur le marché.

Désileuses cube Trioliet

Avec une fréquence de 300 inversions de sens par minute, la scie propose à priori une qualité de reprise irréprochable, n’engendrant aucune vibration. Dotée d’un déflecteur qui retient la matière lors de la coupe et la dirige dans le godet, la scie rend aussi ce dernier plus compact lors du transport, ce qui théoriquement améliore le débit de chantier.

Spécialisé dans les désileuses cube le principe du constructeur Trioliet est particulier dans la mesure où il fait des blocs d’ensilage découpés avec une scie sur 3 côtés ; ils doivent ensuite être repris pour être distribués ou dans le cas de plats uniques laissés en libre-service (avec avancement d’une plaque face aux cornadis par exemple). L’outil peut également s’atteler sur le bras d’un télescopique par exemple si les silos sont très hauts. Il est aussi possible d’associer une distribution à partir d’un bloc d’ensilage.

Maïs ensilage récolté sec : alerte flash info

  • Attention longueur de coupe, si plus 40% de MS priorité à la conservation => 10 mm
  • Soigner le silo (poids des tasseurs, couche fine, tassage,…)
  • Additif bien réparti à l’ensileuse et pas sur silo. En quantité suffisante sinon pas d’effet
  • Acide propionique : pas sur front d’attaque mais dans la mélangeuse pour une conservation plus longue dans l’auge
  • Ajuster la taille du silo en amont

Maïs, de l’énergie sous toutes ses formes

Le maïs permet une grande souplesse d’utilisation grâce à ses différentes formes : de l’ensilage plante entière, jusqu’au maïs grain sec, en passant par le maïs épis et par le maïs grain humide. Ce qui change : récoltes plus tardives et hauteur de coupe. Cette dernière influence directement la qualité du fourrage :

+ riche en UFL
+ riche en amidon / - de NDF (plus digestible) : maïs coupe haute plus acidogène qu’en coupe classique

Permet de baisser la quantité de concentrés énergétiques (type céréale).

 Maïs
plante entière
Maïs
plante entière
Coupe 55 cm
Maïs
épis ensilé
Maïs
grain humide
Ms (%)323553 à 5562 à 65
UFL (kg MS)0.920.95-11.081.22
PDIN (g/kg MS)42426063
PDIE (g/Kg MS)67679886
PDIA (g/Kg MS)15153824
NDF (g/Kg MS)440410320120
Amidon (g/Kg MS)300330610742
DT Amidon808030 à 7060 à 70
Rendement10085-9060 à 6555 à 55

 

*Coût : coût prenant en compte les engrais, semences, traitement et récolte

 

Le LANO, à la pointe des analyses maïs

Dès la récolte 2018, le LANO va intégrer les dernières nouveautés en matière de calcul de la valeur alimentaire des maïs. Les évolutions des critères UF, PDI ainsi que des nouveaux repères (balance protéique du rumen) proposés par l’INRA seront ajoutés à l’édition 2018. Et vous aurez aussi affichées les valeurs telles qu’elles étaient calculées l’an passé.

Le LANO, outil partagé entre l’interprofession laitière et les chambres d’agriculture de Normandie est un des premiers laboratoires agronomiques et réalise plus de 5000 analyses maïs par an en France. Il affiche toutes ses méthodes d’analyse et travaille avec la recherche pour proposer les dernières innovations. Et au même prix que l’an passé.

Et vous pouvez aussi recherchez une à trois molécules indicatrices de la présence des mycotoxines les plus répandues. Enfin, le LANO, en lien avec le LILANO peut aussi réaliser des analyses de levures, indicateurs d’une dégradation du front d’attaque du silo.

 

Jean-Jacques Beauchamp - Chambres d'agriculture de Normandie - 02 31 70 25 16
Florian Frémont - Fédération des Cuma de Basse Normandie

 

Contact

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Emilie VALLET

Conseillère technico-économique bovin et production fourragère

Tél : +33 (0)2 32 47 35 67

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