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Chicorée dans les prairies

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Des éleveurs ont osé la chicorée dans les prairies manchoises

Albéric et Eric gèrent une exploitation laitière, en bordure de côte, à Breville sur Mer. C’est une zone précoce avec des températures plus élevées que la moyenne départementale, plus séchante aussi en lien avec des sols sablo-limoneux ainsi qu’une pluviométrie modérée (700 mm/an).

Alberic explique pourquoi il a osé la chicorée

Suite à un voyage chez des éleveurs herbagers anglais, notre fournisseur nous a proposé de tester la chicorée dans les mélanges prairiaux. Une de ses caractéristiques nous a surtout intéressé ; elle résiste au sec grâce à son système racinaire à pivot. Ici la mise à l’herbe est précoce,mais les prairies décrochent habituellement à partir de début juillet. Cela n’a pas vraiment été le cas cette année, mais on attend de cette plante qu’elle se distingue en été. La réputation de la chicorée comme fourrage est bonne avec des valeurs alimentaires au moins équivalente à un Ray grass avec trèfle et une très bonne appétence.
Le dernier pâturage a été réalisé sur cette parcelle autour du 15 août, et elles y reviennent ce 25 septembre. Les vaches n’ont effectivement pas boudé la chicorée, on aperçoit juste quelques montées à fleur, témoins de plantes qui n’ont pas été consommées. 2 kg/ha de chicorée ont été ajoutés au mélange pâturage de notre fournisseur bio. Le semis a été réalisé au semoir en ligne à très faible profondeur, en mélangeant avec 50 kg/ha d’avoine.

Nous avons également ajouté 1 kg/ha de chicorée dans le semis d’une prairie utilisée en fauche puis pâturage pour les génisses ou vaches allaitantes sur Hudimesnil. La densité est plus claire que la parcelle des vaches, mais peut être pourrons nous bénéficier d’un effet vermifuge sur les animaux.

Les expériences ailleurs

On retrouve depuis 2 ans la chicorée dans les parcelles d’un groupe d’éleveurs finistèriens ayant fait le voyage dans les 2 pays cités pour étudier les systèmes herbagers anglo-saxons.

Si la chicorée sauvage (Chichorium Intybus) était connue pour son utilisation en torréfaction, ou comme composant de produits agroalimentaires (pulpe sèche de chicorée broyée), les premières utilisations fourragères de cette “salade” datent des années 1980. Ce sont les Néo-zélandais qui les ont introduits dans l’alimentation des bovins.

En Nouvelle-Zélande elle est utilisée surtout comme dérobée estivale. Ex : chicorée (7 kg/ha) + plantain + trèfle blanc en semis direct après prairie. A cette dose la chicorée domine, et le pâturage est limité à 75% de la ration. Au Royaume-Uni, la plante est rencontrée dans les mélanges prairiaux d’éleveurs herbagers, notamment ceux du réseau Pasture to profit.

La parcelle de prairie temporaire ré-implantée en septembre 2011 avec un mélange prairial incluant

la chicorée. La pluviométrie estivale a permis un bon développement.
La photo date du 18 septembre après repousse de 4 semaines : la prairie a une bonne apparence, dense au pied avec une dominance de ray gras anglais, de trèfles (blancs et violet). La chicorée s’est implantée d’une façon assez homogène dans la parcelle. (CA 50)

Des avantages confirmés par ces éleveurs après un premier test

Une profondeur d’enracinement qui la rend résistante au froid et à la sécheresse estivale. Fourrage très digestible et appétent riche en minéraux avec une croissance très rapide après pâturage (tableau ci-dessous).

Valeur alimentaire intéressante

Analyse Chicorée éleveur Finistère mi-juin stade Pâture

Prairie RGA-TB

27,5% MAT
0,97 UFL
174 PDIN
116 PDIE
16 g/kg CaO

20,5% MAT
0,99 UFL
128 PDIN
105 PDIE
--/kg CaO

Des propriétés vermifuges naturelles liées à sa teneur en tanin. En Nouvelle-Zélande, des bandes de chicorée sont implantées ou sursemées dans les prairies de génisses en première année de pâturage pour un effet vermifuge. Il est conseillé d’implanter ainsi 5 % de la surface. Des recherches sont en cours sur ce sujet qu’il est intéressant de suivre. Productivité élevée dans les essais en pur, devant permettre d’élever celle des prairies. Sa présence dans les prairies semble compatible avec un pâturage tournant optimal.

Quelques conseils

La chicoré doit être destinées au pâturage. Les feuilles sont riches en eau (taux de M. Sèche 11-12%) et donc la conservation est difficile. Pour un premier test, l’implantation en mélange avec une prairie de longue durée semble une bonne démarche qui peut s’envisager au printemps ou en fin d’été. La densité de semis en mélange se situe à 1,5/2 kg/ha. C’est une petite graine qui comme celle des légumineuses doit être semée en surface. Le pâturage est assez compatible avec les hauteurs recommandées sur prairie, la chicorée doit avoir développé 6 feuilles, et elle ne craint pas le pâturage ras. L’association avec un mélange d’espèce doit rester cohérant par rapport à la situation de la parcelle. Exemple pour une prairie en sol craignant le sec : fétuque élevée (ou dactyle), ray grass anglais, trèfle blanc, lotier. En situation plus fraîche : fléole, fétuque des près, ray grass anglais, trèfle blanc.

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Camille Lenormand

Chef de produits Gamme Territoires et Environnement | Chargée opérationnelle 76

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