Pâturer plus

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Dix solutions pour pâturer plus, même avec un grand troupeau !

L’herbe pâturée est le fourrage le moins cher à produire et à récolter, mais comment l’exploiter plus et mieux ? C’est la question que ce sont posés trois élevages du Calvados qui ont accepté d’ouvrir leurs portes lors du rallye « Pâturer Plus » le 30 juin dernier sur le canton de Trévières, près de Bayeux.

Des chemins

« Grand troupeau », ne rime pas forcément avec « sédentarité » ! Amener des vaches à plus d’un kilomètre, c’est possible, avec de bons chemins. En béton rainuré, en galets, en pierres calcaires ou simplement en terre nue (sur sol séchant), ces investissements sont très vite rentables puisqu’ils permettent aux animaux de pâturer plus loin, plus longtemps dans l’année, sans abîmer les accès et en préservant les pattes et la propreté des mamelles.

Des paddocks nombreux

Une herbe à volonté, rien de tel pour gaspiller ! Même en pâturage, il faut rationner. En paddocks de 24 ou 48 heures, de jour et de nuit, fil avant et/ou arrière, on observe de tout. L’important est de bien calibrer la surface à pâturer disponible en fonction du nombre de vaches que l’on y met, de la durée de séjour et de la pousse de l’herbe. C’est aussi de pâturer la parcelle en un temps minimum pour lui permettre de repousser dans un temps maximum. Il existe aujourd’hui de nombreux systèmes de clôtures électriques faciles à poser et à déplacer.

Un réseau d’abreuvement

Une fois le parcellaire de pâturage dessiné dans les grandes lignes, vient le temps de mettre en place les abreuvoirs. Dans chaque parcelle, entre deux paddocks ou sur les chemins, chacun sa stratégie pour optimiser les réseaux de tuyaux. L’enfouissement des canalisations est un confort pour éviter la casse lorsque l’on fauche occasionnellement les pâtures. De même que l’aménagement autour des abreuvoirs avec des matériaux solides (béton, empierrement…) permet une bonne stabilité et évite les zones boueuses.

Des entrées et sorties de paddocks

Quand c’est possible, il peut être intéressant, pour éviter le piétinement, de faire rentrer et sortir les vaches d’une parcelle par deux passages différents. En période humide (printemps/automne), les accès seront ainsi préservés pour la fois suivante.

Des pâtures rénovées

Dans le circuit de pâturage, on a souvent des prairies anciennes, que l’on ne veut ou peut labourer, et dont la production d’herbe est limitée. La rénovation est possible : soit par sursemis (mais la réussite est aléatoire), soit par introduction d’une interculture pâturée. La technique consiste à détruire mécaniquement en surface la prairie en juin, d’implanter un mélange de colza fourrager + RGI (que l’on pourra exploiter en pâturage pendant 1 an) puis à nouveau une destruction superficielle en juin de l’année suivante pour implanter la nouvelle prairie. Cet itinéraire permet de faire une rupture dans le cycle de l’ancienne prairie sans perdre le relargage d’azote, de travailler sans labourer, de continuer d’exploiter la parcelle au pâturage (même pendant la rénovation) et d’installer avec les crucifères un précédent favorable aux légumineuses prairiales.

Remplacer les labours par des prairies

S’il vous arrive d’implanter un maïs tout près de la stabulation ou si, derrière une pâture, vous avez une parcelle cultivée qui serait tout aussi accessible que la première, alors vous avez encore des surfaces disponibles pour implanter une pâture pour vos vaches. N’hésitez pas à reprendre votre cartographie PAC pour visualiser le potentiel d’agrandissement de votre surface pâturable.

Des échanges parcellaires


Dans le même registre, votre voisin exploite des parcelles proches de vos bâtiments et vous avez aussi des parcelles plus éloignées, qui vous coûtent cher à cultiver et qui intéresseraient votre voisin ? Pensez à l’échange parcellaire ! En propriété, entre fermiers ou simplement en jouissance, les échanges peuvent aujourd’hui se pratiquer simplement et à moindre frais. Ils permettent, entre autre, de regrouper le parcellaire de pâturage et de faire de vraies économies.

La traversée des routes

Petite ou moyenne voie, on peut parfois craindre de les traverser. Pourtant, accepter de franchir un chemin communal, voire une petite départementale moyennement fréquentée n’est pas impossible et permet d’augmenter la surface pâturable. Il faut pour cela de la visibilité (ne traversez pas près d’un virage), de la signalisation (un gilet jaune, des panneaux signalétiques, un fanion sur le fil en travers de la route…), des fils pour sécuriser la traversée et un peu de civisme pour laisser une route propre, et ainsi limiter les risques de glissade des usagers de la route.

Des veaux dehors sous des nourrices

Dans certains élevages, des génisses ne commencent à brouter leurs premiers brins d’herbe qu’à 6 mois, voire au-delà d’un an. Or, la mise à l’herbe des veaux dès 3-6 semaines a de nombreux avantages : immunité, santé du veau, bonne croissance, économie en concentré, allègement du travail. La complémentation en lait entier peut se faire soit avec des bacs à tétines, soit avec un milk-bar mobile ou sinon, en consacrant quelques vaches à la tâche de nourrices. La condition est d’avoir des vêlages plutôt groupés au printemps (voire à l’automne si pousse de l’herbe tardive). Un système qui s’avère souvent plus efficace qu’une nurserie flambant neuve !

La monotraite

Dans des élevages déjà très économes, où le pâturage a une place prépondérante dans l’alimentation, la monotraite est un levier pour pâturer des parcelles très éloignées puisque les vaches ne vont à la traite qu’une fois par jour. Si en pratique elle est assez simple à mettre en place, c’est une technique qui demande de l’anticipation, notamment pour accroitre la taille de troupeau afin de compenser la baisse de production laitière par vache (25 % de lait en moins en moyenne).


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Camille Lenormand

Chef de produits Gamme Territoires et Environnement | Chargée opérationnelle 76

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Du 18 septembre au 19 septembre 2019

Bourg lès Valence